Le jeu du serpents et échelles de Maka Kotto

Depuis le début du mandat de Maka Kotto, nouveau ministre de la Culture et des Communications, c’est la dégringolade du financement dédié aux arts et à la culture.  J’en parlais dans mes deux billets-vidéos concernant le bilan de l’année 2012.

C’est une stratégie politique me direz-vous? Que penser de cette stratégie vieille comme le monde de reprocher au gouvernement précédent ses écarts de conduire en matière de gestion des finances publiques afin de redonner par la suite!

Rappelons certains faits!

En novembre, les diffuseurs de spectacles lancent un cri d’alarme. Quelques mois plus tard, le ministre annonce la reconduction des enveloppes. Les gains sont minimes, mais on se réjouit du maintien des acquis.

En janvier, le gouvernement Marois annonce la création d’un comité de travail sur la philanthropie; on veut plus de mécènes au Québec. Quelques jours plus tard, on coupe le programme Placements Culture, pour les années 2013 et 2014, qui a pour but de valoriser le mécénat culturel au Québec. Qui plus est, dans cette partie du jeu de serpents et échelles, on trouvera sur notre chemin une nouvelle échelle, car le gouvernement annonce à la fin du mois que la coupe sera pour une année seulement. Enfin, qui perd gagne !

En février, c’est la diffusion du cinéma québécois dans les régions qui est en cause. En plus de ce programme, on attaque les projets en éducation cinématographique des jeunes. Vous devinez la suite ?  Eh oui, le Ministre annonce, le 20 février, la relance de programmes en cinéma et en loisir culturel !

Comble de l’ironie, puisqu’il s’agit vraiment d’un jeu malhabile, on annonce, dans Le Devoir du 20 février 2013, 10 millions promis par le Parti québécois pour développer une plateforme Télé-Québec d’information régionale et nationale. On apprendra le lendemain que le montant n’est pas budgété.

Honnêtement, il me semble que le milieu artistique et culturel peut être solidaire avec l’effort budgétaire national. Par contre, les acteurs du milieu ne sont pas les pions d’un jeu de société. On a prouvé à plusieurs fois l’impact social et économique du secteur. Rappelons quelques faits :

Impact économique du secteur de la culture et des communications[1]

10,1 milliards de dollars

4,1 % du PIB

130 345 emplois

5,8 milliards de dollars de revenus de travail

1,9 milliard de dollars de revenus pour le gouvernement

Quand on parle de développement des arts et de la culture au Québec, ce n’est pas un jeu! C’est un secteur d’emploi, c’est un secteur créateur de richesse collective et c’est aussi des revenus pour le gouvernement.

 

 

Correction et révision : Marie-Josée Charest

RÉFÉRENCES :

Pour en savoir plus sur le financement des arts, consultez ma revue de presse sur le sujet : Financement des arts et de la culture au Québec

À lire également : le billet de Simon Brault, président de Culture Montréal : Ne pas risquer de briser l’élan du Québec


[1] Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Bulletin de la recherche et de la statistique, No 20, mars 2012

Une réponse à “Le jeu du serpents et échelles de Maka Kotto

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